Ah l'emploi... c'est un élément central de la vie adulte ! Il est aussi au cœur des politiques d'inclusion portées par des institutions comme la MDPH. En moyenne, une personne passe entre 26% et 30% de sa vie en emploi (INSEE, 2022). L'accès à l'emploi représente également une certaine autonomie financière et un statut social important pour l'estime de soi. Les professionnels psy (psychiatres et psychologues) considèrent même que l'emploi peut être un facteur important dans le rétablissement des personnes avec des troubles psychiques comme la dépression.
Cependant, les personnes autistes ont très souvent un rapport contrarié au travail : mauvaises expériences, difficultés à trouver et garder un emploi, difficulté d'intégration, expérience récurrente de la fatigue et du burn-out. Il est important de noter que, malgré ses potentiels bienfaits, l'accès à un emploi adapté n'est pas chose acquise pour les personnes handicapées : 37% seulement des personnes ayant une RQTH sont en emploi, contre 67% en population générale (COLLET, LHOMMEAU, 2022)... De plus, les handicaps psychiques, mentaux et cognitifs souffrent d'une stigmatisation plus forte que les handicaps physiques, stigmatisation qui les éloignent davantage de l'emploi. Certaines caractéristiques personnelles peuvent également constituer un frein, nous savons notamment que les femmes travaillent souvent moins en raison des responsabilités domestiques et familiales, tandis que les plus jeunes ont plus de chances de conserver leur emploi après une embauche.
Au delà de ces informations un petit peu déprimantes, l'emploi peut effectivement permettre démontrer ses compétences, ce qui contribue à améliorer la qualité de vie et participe au processus de rétablissement. Le soutien social rencontré sur le lieu de travail, de la part des collègues ou des managers, renforce le sentiment d’utilité et réduit la perception de la stigmatisation. D’ailleurs, on observe souvent un phénomène de "surmotivation" (EVARAERE, 2010) chez les travailleurs handicapés : ils ont tendance à fournir plus d’efforts et à s’investir davantage que leurs collègues valides, ce qui profite directement à l’entreprise. Ils sont ainsi perçus comme fiables, loyaux et coopératifs.
L’emploi offre également une identité professionnelle qui éloigne d’une identité uniquement définie par le handicap. Pour favoriser le maintien dans l’emploi, des solutions concrètes existent :
En cas de non-respect de ces droits, plusieurs recours et structures peuvent être sollicités pour obtenir de l’aide et faire valoir ses droits. Voici une liste des principaux interlocuteurs et dispositifs en France :
Inspection du Travail
Chargée de veiller au respect de la législation du travail, l’Inspection du travail peut être contactée pour signaler des manquements, tels que des discriminations ou l’absence d’aménagements nécessaires. Elle peut intervenir pour contrôler les conditions de travail et, le cas échéant, sanctionner l’employeur.
Défenseur des droits
Autorité indépendante, le Défenseur des droits reçoit les plaintes en cas de discrimination, notamment liée au handicap. Il peut être saisi pour examiner les situations litigieuses et proposer des solutions amiables ou recommander des actions judiciaires.
Associations de défense et de soutien
Plusieurs associations proposent un accompagnement personnalisé, un soutien juridique et de l’information pour faire respecter vos droits :
AGEFIPH
Pour les salariés du secteur privé, l’AGEFIPH propose des aides financières et des dispositifs d’accompagnement pour garantir l’accès à l’emploi et faciliter l’adaptation du poste de travail. Elle peut être contactée pour toute question relative aux obligations de l’employeur et aux mesures d’adaptation.
Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH)
La MDPH évalue le handicap et attribue des aides personnalisées. Elle offre aussi des informations sur les droits et les dispositifs d’accompagnement, et peut orienter vers des services spécialisés en cas de difficultés au travail.
Conseil de Prud’hommes
En cas de litige avec l’employeur (comme un licenciement abusif ou le refus d’aménagement raisonnable), il est possible de saisir le Conseil de Prud’hommes. Cette juridiction spécialisée dans les conflits du travail permet de faire valoir vos droits devant la justice.
Syndicats et services juridiques
De nombreux syndicats (CFDT, CGT, FO, etc.) disposent de cellules dédiées à la défense des salariés, y compris des personnes handicapées. Ils peuvent fournir des conseils, vous accompagner dans vos démarches et, si nécessaire, vous représenter dans les négociations ou procédures judiciaires.
Avocats spécialisés
Pour un accompagnement personnalisé et pour engager une action en justice, il peut être utile de consulter un avocat spécialisé en droit du travail et en droit du handicap.
Un article proposé par Léa, présidente de l'association Autiegirls et doctorante en sociologie 🙎.
Sources :
Collet, M. et Lhommeau, B. (2022). Insertion professionnelle selon le handicap et le sexe. Travail, genre et sociétés, 48(2), 35-51. https://doi.org/10.3917/tgs.048.0035.
Corbière, M., Villotti, P. et Pachoud, B. (2022). Chapitre 12. Maintien En Emploi Avec un Trouble Psychique une Synthèse Des écrits. Dans C. Lagabrielle et S. Croity-Belz Psychologie et carrières Modèles, concepts et analyses de la psychologie du travail et des organisations (p. 221-240). De Boeck Supérieur. amu.fr/10.3917/dbu.lagab.2022.01.0221 https://doi-org.lama.univ.
Everaere, C. (2010). Insertion et Maintien Dans L'emploi des Personnes Handicapées le Cas des Grandes Surfaces de Bricolage. Revue française de gestion, 202(3), 13-31. gestion-2010-3-page-13?lang=fr
Non renseigné. (2022). Temps de travail, durée travaillée et sous‑emploi. Insee références. https://www.insee.fr/fr/statistiques/6047739?utm_source=chatgpt.com. Consulté le 27 juin 2025.