Dans cet article, vous trouverez une explication du meltdown et du shutdown, et des hypothèses sur ce qu’il se passe d’un point de vue psychologique.
Vous y trouverez aussi, à la fin, quelques pistes pour apprendre à les identifier et les gérer.
On emploie fréquemment les termes Meltdown et Shutdown pour qualifier ces moments de crises pour les personnes TSA, enfants comme adultes, de tout niveau de langage ou intellectuel. Ces mots ne sont pas spécifiques au TSA, ils sont parfois utilisés dans d’autres contextes, comme l’informatique ou la psychologie du stress par exemple. Souvent confondus, ces deux mots définissent en réalité des mécanismes différents.
Comparable à une « explosion », le meltdown désigne une crise durant laquelle une personne va exprimer son mal-être au dehors, vers l’extérieur :
Ce sont généralement les crises les plus repérées par l’entourage, les manifestations étant visibles, bruyantes, voire impressionnantes. L’entourage peut avoir tendance à interpréter un meltdown comme de la colère ou de la violence, il est important de comprendre en quoi un meltdown diffère d’une émotion primaire ou d’une personnalité violente.
Comparable à une « implosion », le shutdown désigne une crise durant laquelle une personne va plutôt contenir son mal-être au-dedans, il est intériorisé :
Ces expériences sont surtout mentionnées dans le domaine des traumatismes, on peut toutefois les observer à différent degré dans les crises émotionnelles.
Du fait que c’est une crise silencieuse accompagnée d’un isolement, elle passe souvent inaperçue pour l’entourage. Il est possible d’en sous-estimer l’impact sur la santé mentale des personnes TSA. Pourtant les effets peuvent être lourds à vivre, durant la crise mais aussi sur le long-terme : La souffrance est tournée contre soi, délétère pour l’estime de soi, et peut induire des idées suicidaires pour les épisodes les plus intenses.
Chaque personne TSA à son propre vécu des crises. Ces deux types de crises sont parfois liées, certaines personnes rapportent vivre un shutdown et un meltdown en même temps, d’autres témoignent d’un shutdown consécutif à un meltdown. Aussi, certains vivront plus fréquemment des shutdown que des meltdown, et inversement.
Leur apparition peut évoluer avec le temps, selon des facteurs individuels et environnementaux :
Les crises peuvent alors passer d’une forme à l’autre tout au long de la vie, augmenter de fréquence ou au contraire disparaître.
Les meltdown comme les shutdown induisent une déconnexion temporaire mais réelle des capacités d’autorégulation. D’un point de vue neuropsychologique, on peut parler de dysfonctions exécutives* (*fonctions psychologiques qui permettent de planifier, gérer, et inhiber ses pensées, ses émotions, ses comportements) : durant la crise, la personne TSA vit une perte partielle ou totale de la capacité à contrôler volontairement ses pensées, ses comportements, ses émotions et l’orientation de sa motivation.
Il est important de comprendre que cette perte de contrôle est involontaire. En ce sens, une crise est à différencier d’un caprice, d’un manque d’effort, d’une opposition ou d’une dépression. Les personnes TSA qui témoignent expliquent qu’elles n’ont pas de prise sur son déclenchement.
La perte de contrôle involontaire laisse souvent place à un sentiment de vulnérabilité chez les personnes TSA, une colère envers soi-même et/ou un sentiment de culpabilité. Elles peuvent aussi éprouver une honte, vis-à-vis de l’entourage ou encore concernant les activités qu’elles ne peuvent pas mener dans ces moments (activités sociales, de loisirs, responsabilités professionnelles ou familiales, etc.).
Le meltdown et le shutdown ont une fonction adaptative : c’est comme si le cerveau TSA envoyait une alerte lorsque la situation devenait insoutenable à traiter. Le shutdown est comparable à un mécanisme de protection, il permet au cerveau de préserver ses ressources lorsqu’il fait face à une charge excessive.
Identifier les déclencheurs permet d’anticiper ces crises, moins masquer et ainsi réduire l’intensité voire la fréquence des crises.
Quelques généralités sur les déclencheurs identifiés, qui s’avèrent souvent communs à plusieurs personnes TSA :
Voici une liste d’éléments déclencheurs plus concrète, faite par des femmes TSA de l’association :
Il peut être utile de repérer les signes avant-coureurs, pour éviter une crise à la maison ou ailleurs. Plusieurs témoignages évoquent des crises survenant à la maison seulement, dans un espace jugé « sûr ». Ainsi, une personne va contenir les signes extérieurs, jusqu’à l’effondrement.
Voici une liste non exhaustive des signes avant-coureurs :
Voici 2 infographies, trouvées sur le site La Petite Loutre, pour évaluer le niveau de fatigue :
Si tu es TSA, tu peux prendre un temps pour identifier tes propres déclencheurs comme fait plus haut ! Ça peut être 5 ou 10 minutes, que tu prends calmement, en dehors des crises, pour lister ce qui te dérange ou te coute au quotidien. Tu peux par exemple te demander, lorsque que tu te sens plus fatigué.e que d’habitude, les facteurs concrets qui t’ont couté de l’énergie ? Tu peux aussi prendre du recul sur les crises que tu as vécues, en te demandant qu’est ce qui t’a mené à une perturbation difficile à gérer ?
Tu peux dresser une deuxième liste à propos des signes avant-coureurs. Tu peux te demander quels sont les ressentis corporelles, pensées ou comportements qui apparaissent souvent ou systématiquement dans les 2 à 3 jours avant une crise ?
N’hésite pas à compléter ces listes au fur et à mesure. Tu peux les garder dans un journal personnel. Tu peux aussi les partager avec des personnes de confiance, qui te connaissent.
Le but est de s’auto-observer régulièrement, pour mieux se comprendre, dédramatiser, et mieux composer avec tes limites dans la vie de tous les jours.
Il est aussi important de pratiquer l’autocompassion. Souviens-toi que ces crises sont involontaires ! Cela permet un meilleur rétablissement émotionnel et une estime de toi plus solide.
Tu peux prendre aussi un temps, toujours au calme, pour créer des cartes à montrer aux personnes présentes ou impliquées dans tes crises, une première carte pour le shutdown, une deuxième pour le meltdown. Cela te permettrait per exemple de ne pas avoir à communiquer lorsque tu es en surcharge, tout en étant compris.e.
Tu peux faire deux colonnes, sur chacune des cartes : une première dans laquelle tu listes ce qui te fait du bien, et une deuxième avec ce qui pourrait accentuer ta crise. Tu peux te demander : Quand je suis en crise, j’aime … ? Je n’aime pas … ? Certains critères peuvent être communs aux shutdown et aux meltdown.
Voici une liste faite à l’association, tu peux t’en inspirer et reprendre le tableau pour faire tes propres cartes :
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Durant le shutdown … |
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J’aime ? |
Je n’aime pas ? |
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Durant le meltdown … |
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J’aime ? |
Je n’aime pas ? |
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Tu peux aussi ajouter une légère explication de ce qu’est un shutdown ou un meltdown sur ces cartes.
Plusieurs autres sites expliquent comment créer ces cartes, ou fournissent des modèles à remplir, tu peux y faire un tour en cherchant « carte de crise meltdown shutdown autisme » sur Google. Si tu es manuelle, tu peux aussi la personnaliser. N’hésite pas à prendre du plaisir à la faire, c’est un temps pour toi.
N’hésite pas à prendre un temps de récupération post-crise : le shutdown n’est pas un temps de récupération en lui-même. L’idée est plutôt de profiter de la motivation revenue après le shutdown pour faire des activités qui t’épanouissent, des intérêts qui te ressourcent.
Cela est parfois difficilement compris par l’entourage : « tu viens de passer 2 jours enfermé.e, tu as encore besoin de temps pour toi ? ». N’hésite pas à expliquer la différence entre une crise involontaire et subie, et un moment de repos choisi durant lequel tu as l’énergie de faire des activités.
Ils existent aussi certaines stratégies préventives, pour les adeptes du « mieux vaut prévenir que guérir ». Pratiquer un sport régulièrement peut permettre de réduire durablement les tensions à l’origine des crises. Tu peux aussi fixer une journée sans contraintes dans la semaine, où tu ne t’imposes aucunes obligations sociales, administratifs, etc.
Se ressourcer
Une petite infographie pour avoir des idées de ressources, qui vient du site La Petite Loutre :
Une belle journée et prenez soin de vous !
Elina, référente des groupes de parole à l'association et psychologue 🌻
Rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle